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Céramique bonsaï : ma destinée ?

Je ne viens pas du monde de la poterie et je ne sais pas quel a été le déclic qui m’a lancé dans cette aventure. Malgré une sensibilité artistique certaine, rien dans ma vie quotidienne ne me prédestinait au monde de la céramique. L’envie? Le hasard? Aucune idée mais je n’imaginais pas à quel point cela serait compliqué, déraisonnable, passionnant, de se lancer dans la céramique bonsaï.

Faut-il un brin de folie pour tenter une pareille entreprise?

Je suis curieux par nature, et la céramique sous toutes ses formes est très passionnante. Des potiers égyptiens aux potiers chinois, la richesse est extraordinaire tant par les découvertes, que par l’inventivité de l’homme pour développer cet art. Car si l’on résume l’art potier, c’est la terre, l’eau et le feu, rien de bien sorcier !

Mais voilà, se contenter de réduire la céramique à cela ne nous permet pas de mesurer la difficulté du chemin à parcourir.

L’envie est là, alors je fonce. En février 2007, sans connaissances, armé d’un simple livre expliquant les bases de la poterie «Terres et Glaçures de Daniel Rhodes» je me lance, j’achète mon premier pain de terre. Je pousse même l’inconscience à construire un four à gaz avec Thomas, futur jeune ingénieur Les premiers résultats sont plutôt décevants, voir inquiétants. Comment créer des pots qui ne semblent pas être nés des mains d’un jeune enfant? (les miens ressemblaient assez à ça en fait !)

Mon salut vient de plusieurs facteurs conjugués, une expo bonsaï à Versailles en mai 2007 ou j’ai rencontré Brian Allbright, à qui j’ai acheté un plateau pour ma forêt d’érables, et avec qui j’ai pu m’entretenir (en très mauvais anglais) sur la céramique bonsaï, et surtout le défi lancé par Michel Sacal, ce jour là, lui réaliser une poterie bonsaï pour 2008. Au cours de l’hiver, j’ai fait la connaissance de Martine, pharmacienne et surtout potière amateur féru de chimie, et d’alchimie en tout genre. Sa connaissance des émaux et sa pédagogie me permettra une avancée rapide dans ce domaine. Toutes ses réponses à mes nombreuses questions sont des pépites dans cette mine d’or que représentent les émaux.

« Dans l’émail, sans rentrer dans le détail, deux composants s’associent, les fondants et les oxydes. Les fondants servent à napper le tesson*, ils se composent de feldspath, de silice, de talc, de craie... Les oxydes (fer, cuivre, cobalt…) donnent la couleur. De cet amalgame nait l’émail (explication réductrice, car la complexité de fabrication demande une rigueur extrême, les compositions se pèsent au 1000ème de grammes et les erreurs de calcul ruinent des heures de travail, mais l’ensemble me passionne). Je cuit mes poteries à 1250°, elles sont non gélives, et cette cuisson toujours identique permet une grande précision dans l’émail ».

Mai 2008 à Lyon, je suis présent à ma première exposition comme potier, beaucoup de petits pots faits au moule, deux ou trois grands se battent en duel sur mon étal. Pas de quoi pavoiser mais je suis fier de l’avancée, et Michel Sacal m’achète ce lot de 3 pots « pourtant moches » pour une fortune. Je me prends à rêver d’être un grand potier...

Eté 2008, je trouve toutes les astuces en quelques jours pour pouvoir réaliser n’importe quelle forme de pots, tout se débloque dans mon esprit et j’invente sans cesse des formes, c’est le bonheur total. J’ai abandonné le four à gaz (fabrication maison) pour le four électrique plus stable pour les émaux. J’ai désormais presque une année pour améliorer la technique et c’est par mon talent de « bidouilleur » que viendront toutes les solutions.
Printemps 2009, je suis présent à Carcassonne à la convention EDG, mes pots ont évolués, et même s’ils restent perfectibles ils trouvent leur public. Les glaçures plaisent, les formes plaisent, il me reste à acquérir de la maturité (la finition laisse à désirer) mais les encouragements des participants montrent le chemin parcouru.

Automne 2009, au parc oriental de Maulévrier, c’est une grande première régionale, et les amateurs viennent confirmer mon orientation.

2010 marquera une mise en place de ma structure, car il me faut concilier travail, famille et passion. Le but fixé en me lançant dans l’aventure est d’être sans cesse innovant tant sur les formes que sur les émaux (c’est pour cela que les couleurs d’émaux seront enrichis régulièrement), tout en restant dans le cadre d’une poterie bonsaï avec un objectif raisonné de 100 pots vendus annuellement.

Un homme, un arbre, un pot restera la philosophie de cette passion.

« Rien dans mon aventure n’existerait sans la beauté des pots que d’autres céramistes bonsaï ont crée »

*tesson : terre vitrifiée une première fois au four à 960°